L'histoire de St-Zotique

racontée en détails

Transcription intégrale du texte de l’abbé Lucien Léger[1]

« Le 17 avril 1853, les marguilliers anciens et nouveaux réunis en assemblée chargent le curé de l’époque, C. Dufour, d’acheter une cloche pour l’église dont le poids se situerait aux environs de 700 ou 800 livres. Monsieur Gaspard Benoit est engagé pour construire le beffroi, préparer la cloche, la monter dans le clocher et l’installer prête à sonner et ce, pour un montant de cinq louis. Cette première cloche fut bénite le 7 juillet 1853 par le curé de Vaudreuil, P.L. Archambault et reçut les noms de Marie, Caroline, Antoinette, Iphigénie, Émilie. Elle pesait 754 livres. Elle eut de nombreux parrains et marraines : les Parent, Birmingham, Duckett, Prieur, Mongenais, Gaudreau et Asselin.

 Le 4 octobre 1863, les marguilliers, anciens et nouveaux, autorisaient l’achat d’une nouvelle cloche dont le poids pourrait se fixer entre 700 et 900 livres et la vente de la cloche actuelle et ce, aux meilleures conditions possibles. Le 26 novembre 1863, le curé de St-Polycarpe procédait à la bénédiction de la nouvelle cloche pesant 981 livres et fondue le 21 octobre 1863 à West Troy, États-Unis. Elle reçût les noms de Henriette, Odile, Rose, Léocadie, Marcelle, Catherine et eut, elle aussi, de nombreux parrains et marraines : les Leblanc, Daoust, Asselin, Delage, Poirier, Prieur, Chatel, Lauzon, Cadieux, Montpetit, Bériault, Rodrigue, Lalonde et Véronneau.

Comme une deuxième église avait été construite en 1874, trois nouvelles cloches furent achetées avec l’argent obtenu du gouvernement fédéral qui avait accordé une indemnité pour dommages occasionnés à la première église. Ces trois nouvelles cloches, fondues à l’été 1875 à la Fonderie de Meyers & Steinbault, Londres, Angleterre, reçurent, à la bénédiction, les noms suivants : Zotique (1200 lbs), Thomas (900 lbs) et Catherine (700 lbs). Lesdites cloches portent, gravés en lettres soulevées, l’une, le nom de l’Honorable L.H. Langevin, ministre des Travaux publics de la Puissance du Canada, l’autre, le nom de G. Baillargeon, ingénieur civil du Département des Travaux publics et la troisième, le nom de L.H. Masson, écuyer.

Le 5 octobre 1875, Mgr Fabre, de Montréal, procédait à la bénédiction des nouvelles cloches qui furent installées dans le clocher immédiatement après la cérémonie de la bénédiction. En dedans d’une heure, elles sonnèrent… ainsi que le départ de Mgr l’Evêque vers les trois heures de l’après-midi.

 Le 22 octobre 1875, il a été résolu que la cloche « américaine » (1863) soit vendue à pas moin de 250 $. Dans le même acte rédigé à l’occasion de la bénédiction des trois cloches en 1875, il est écrit : « Ce sont les sixièmes cloches depuis le commencement de la paroisse, les deux premières ayant cassé, l’autre étant actuellement à vendre. Ces trois premières cloches étaient américaines. » REMARQUE : il semble bien que les deux cloches qu’on dit « cassées » n’ont jamais été achetées parce que, en 1872, il est dit que le gouvernement a accordé une indemnité de 2 500 $ pour dommages causés à la première église et on lit : « lequel argent soit employé pour achat d’un orgue et de deux cloches aussitôt que notre église nouvelle sera construite. »

En 1962-63, lors de la construction de l’église actuelle, les trois mêmes cloches : Zotique, Thomas et Catherine, ont été balancées, placées dans le clocher et électrifiées avec boutons et cadrans. Depuis ce temps, elles nous convient aux offices religieux et sonnent les angelus. »

[1] Intitulé Histoire des cloches de St-Zotique, tiré des livres de délibérations conservés aux archives de la Fabrique de St-Zotique – par l’Abbé Lucien Léger