L'histoire de St-Zotique

racontée en détails

Vol à la caisse populaire – 1963

Irène Théorêt, fille d’Elmira Claude et d’Edgar Théorêt nous raconte : 

« J’avais 19 ans, et ma sœur Réjeane 18 ans, nous étions assises sur le lit dans notre chambre lorsqu’on entend des pas lourds. Brusquement entrent cinq hommes cagoulés et habillés en noir. Ma mère, mon père et mon frère Gilles (8 ans) étaient en bas. Mes frères André, 17 ans et Gérald, 12 ans ont été enfermés dans la garde-robe, ensuite ils ont cloué la porte. Je ne me rappelle plus où étaient Lucille, 13 ans et Lorraine, 10 ans. Ma grand-mère Mary McDougall a été attachée sur son lit avec des bas de nylon. Les bandits nous menaçaient avec un fusil dans le dos. Ils voulaient le code pour ouvrir le coffre-fort, rapidement mon père a dit que c’était une caissière de Valleyfield qui le connaissait, même si c’était moi parce que j’étais responsable à la caisse.

Ces hommes ont utilisé de la nitroglycérine pour faire sauter le coffre-fort. Pour ne pas alerter les voisins, ils faisaient sauter une charge lorsqu’un camion passait devant la maison, comme s’il y avait compression du moteur – pow!  Notre voisin le curé Lucien Léger, de son presbytère a bien entendu le bruit, il est sorti pour voir ce qui se passait mais sans plus, croyant que c’était le camion qui passait.

Ces bandits connaissaient toutes nos habitudes et les pièces de la maison, ils étaient aussi des habitués à l’Hôtel White House, de l’autre côté de la rue.

 Ce n’est que vers 5 heures du matin qu’ils sont partis.

Ces hommes sont aussi allés à la résidence de Godfroy Blanchard qui avait la réputation de garder de l’argent chez lui. Ils auraient aussi été à Rigaud. Un homme de l’Ontario a été condamné, on l’aurait fouetté en prison, par la suite il se serait suicidé. »

Jean-Paul Régis ajoutera :

« À cette époque, je fréquentais Réjeane, je venais de quitter la maison quelques minutes avant l’intrusion des voleurs. Par la suite, et ce durant plusieurs mois, Monsieur Théorêt a engagé Monsieur Conrad Pilon pour protéger sa famille. Il arrivait à la maison en fin de soirée, assis à la cuisine il y passait la nuit avec sa carabine. »

Un journal publiera :

Durant cette même période, on a pu identifier Vic Lévesque (1941-1970) comme chef de gang, mieux connu dans les médias sous le nom de Balaclava Gang ou gang de cagoulards du fait qu’ils portaient des masques de ski en perpétrant leur centaine de vols, commis principalement en 1963 au Québec et en Ontario, leur rapportant environ 800 000$, une somme colossale pour l’époque.

Lévesque et sa bande ont finalement été arrêtés au début de 1964. Peu de temps après, des membres de gangs se sont évadés d’une cellule de prison du palais de justice de Montréal au début de février 1965. L’un d’eux a demandé à utiliser les toilettes au milieu de la nuit et a maîtrisé le gardien. Lévesque s’enfuit avec Jean Claude Messier, Antonio Facchino, Aristide Fecteau, Jean-Guy Darveault, Jean-Rosaire Falardeau et Jacques Vallée.

Deux ont été arrêtés peu après avoir marché sur la rue Iberville à Montréal, tandis que Lévesque et les autres ont détourné un véhicule et l’ont ensuite écrasé sur Henri-Bourassa alors qu’ils étaient poursuivis par la police. Les deux derniers, Messier et Facchino, ont finalement été arrêtés à Long Island, New York, après avoir été impliqués dans environ 26 braquages et effractions et avoir empoché des centaines de milliers de dollars en butins dans cette région. 

Les jours de Lévesque en tant qu’homme libre étaient révolus. Il a été accusé dans divers palais de justice du Québec et de l’Ontario pour ses innombrables crimes. Il avait déjà été condamné à 40 ans de prison lorsqu’il a été accusé de l’attentat d’Ottawa. Le juge a qualifié ses crimes de « lâches, vicieux, cruels et dangereux » et a condamné Lévesque à 25 ans de prison, plus 25 coups de fouet. 

Le 5 janvier 1970, Lévesque fabrique des bandes de tissu à partir de la literie de sa cellule du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul à Laval, les utilise pour créer une corde et se pend à mort.