L'histoire de St-Zotique

racontée en détails

Selon la carte, les noms diffèrent, tantôt on verra Chemin du Roi, Chemin de la Reine, Queen’s Highway, Route no. 2, Route 338, et rue Principale. Il y a aussi l’Autoroute 20, rebaptisée Autoroute du Souvenir [1] qui divise la Ville de Saint-Zotique.

Suivant l’ordre chronologique des événements qui se sont produits

[1] Le nom Autoroute du Souvenir désigne une section de l’autoroute portant le numéro 20. Cette section s’étend de Rivière-Beaudette jusqu’à l’échangeur Turcot, à Montréal. Son nom, attribué à l’occasion du soixantième anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, souligne le courage de ceux et celles qui, sur terre, sur mer et dans les airs, ont fait le sacrifice ultime de leur vie. Il se veut également un témoignage de reconnaissance et de respect de la part des Québécoises et des Québécois à l’endroit des vétérans qui ont participé à différents conflits et à des missions de paix. 

Source : Commission de toponymie, gouvernement du Québec.

1856

Le chemin de fer Grand Truck remplace les diligences et chevaux entre Montréal et Toronto par des trains à vapeur et la route sert principalement pour la circulation locale jusqu’à l’arrivée de l’automobile au début du XXe siècle.

1870

À Saint-Zotique la route de la Reine n’était pas assez large et le conseil de l’époque demande une étude et des recommandations.  Voici comment prenait forme ce type de demande durant ces années. Nous avons transcrit et résumé les documents pour en faciliter la compréhension.

«Le 8 novembre 1870, le conseil municipal nomme Georges Hyacinthe Dumesnil, écuyer notaire, à la charge et surintendant spécial avec le mandat suivant : visiter, examiner et voir quel serait le meilleur mode à suivre, pour arranger la Côte du bord nord du Lac St-François, vis-à-vis les propriétés nos 10, 11 et 12 de manière à garantir le chemin de la Reine des dites propriétés, et s’il y a moyen de le faire, d’en dresser tout de suite procès- verbal, sinon d’en faire rapport à ce conseil, le tout suivant la loi. »

signé Cyprien Gélinas, secrétaire trésorier

Samedi le 19 novembre 1870, Denis Dauray, du village de Coteau-Landing, étudiant en droit, affiche une copie de l’avis public sur la façade de l’église et du bureau de poste de Saint-Zotique et en fait la lecture le dimanche 20 novembre 1870 à la porte de l’église à l’issue du Service Divin. Cet avis invite les intéressés à se rendre le 28 novembre 1870 à 1 heure de l’après-midi sur le chemin de front du dit no. 10 pour y être entendus.

Assermentation signée le 21 novembre 1870, entre Denis Dauray, G.H. Dumesnil

Le 1er décembre 1870, Georges Hyacinthe Dumesnil dresse le procès-verbal ainsi :

«… que le dit jour vingt-huit de novembre dernier, à l’heure indiquée dans le dit avis, je me suis rendu sur le dit chemin où j’ai rencontré les sieurs Joseph Merleau, Louis Deschamps et Joseph Asselin, tous résidants dans la dite paroisse St-Zotique, et qui paraissaient intéressés à la dite Côte, et audit Chemin auxquels j’ai fait lecture de l’avis par moi donné comme susdit, j’ai aussi fait tout en étant accompagné des dits intéressés, la visite du dit chemin de la dite Côte, et après avoir préalablement et durant ma visite donné audience aux dits intéressés, avoir reçu leurs suggestions verbales, dont j’ai pris notes, et avoir mesuré la largeur du chemin à différents endroits. Je trouve que la largeur du chemin c’est-à-dire du fossé du côté nord du dit chemin au bord du Lac St-François, dans la ligne divisant le no. 9 d’avec le no. 10 était de vingt-quatre pieds, que vers le milieu du dit no. 10 cette largeur était de dix-neuf pieds et demi, que vis-à-vis l’emplacement de Mlle Laure A. Ivonne Saveuse de Beaujeu elle était de vingt et un pieds, ainsi que vis-à-vis la moitié nord est du no. 11 appartenant à Louis Deschamps, que vis à vis le restant du dit no. 11 et le no. 12 appartenant Joseph Asselin, la largeur du chemin à la côte au bord du Lac, commençait par avoir dix-sept pieds ensuite seize, ensuite quatorze pour une assez longue distance, ensuite dix-sept et qu’enfin vingt-deux pieds, dans la ligne divisant ledit no. 12 du no. 13. Qu’après avoir murement et consciencieusement réfléchi sur le tout, j’en suis venu à la conclusion, que pour le bien et la sécurité public, vu que ce chemin est dangereux tant pour les voyageurs en particulier que le public en général, vu sa faible largeur en plusieurs endroits étant bien difficile de se rencontrer deux voitures, sans courir le risque de renverser soit dans le Lac ou le fossé du chemin; de pourvoir à l’élargissement de ce chemin et à sa protection du côté du Lac en y faisant des travaux pour le protéger et le conserver. 

  • En conséquence sous l’autorité qui m’est déférée par votre conseil, et par la loi, j’ordonne nonobstant, tous procès-verbaux ou règlements antérieurs, qui se trouvent annulés par le présent procès-verbal, ce qui suit.
  • Que toute la longueur du chemin qui se trouve vis-à-vis les terres nos. 10, 11 et 12 en emplacements en faisant partie, depuis la ligne séparant le no. 10 d’avec le no. 9 à celle séparant le no. 12 d’avec le no. 13 soit d’au moins vingt pieds de largeur, depuis le bord sud du fossé du côté nord du dit chemin au bord nord du Lac St-François.
  • Que les ornières qui se trouvent dans ce chemin soient remplies de branches, couvertes avec des gravois, du sable et de la terre, et de faire le chemin en sorte qu’il soit plus haut du milieu que des côtés.
  • Que le fossé du côté nord du chemin soit fait et nettoyé d’un bout à l’autre vis à vis les dits nos. 10, 11 et 12, – ainsi que les ponts dans les lignes divisant les dits nos 9 et 10, 11 et 12 et 12 et 13.
  • Que soit fait sur le bord nord du Lac St-François, vis-à-vis les dits nos 10, 11 et 12 une banque en pierres, tout le long du dit chemin et du terrain qui peut se trouver entre le dit chemin et le dit Lac, comme suit, savoir : en pierres froides d’au moins quatre pieds de largeur, au bas au fond, en montant en rétrécissant sous forme de talus, la face au Lac, de manière que le dessus n’ait pas moins de un pied et demi de largeur; sur pas moins de quatre pieds de hauteur; et de faire en sorte que le dessus de cette banque soit en droite ligne, et soit comprise dans la largeur de vingt pieds, sous laquelle banque il devra y avoir des branches pour y ramasser le sable et lier le tout avec les pierres.
  • Que tous lesdits travaux de chemin banque et de leurs entretient par la suite, seront faits par les propriétaires ou occupants des dits nos. 10, 11 et 12 suivant le 2e paragraphe de la 43 Section de l’Acte municipal Refondu du Bas Canada.
  • Que la pierre nécessaire pour faire ladite banque, sera chawayé sur les lieux dans le courant de l’hyver prochain et que cette banque soit finie et parachevée comme ci-dessus réglée, le printemps prochain.
  • Et enfin que le dit chemin soit réparé cet automne pour pouvoir y passer sans danger, et soit fini et parachevé comme ci-dessus ordonné le premier de juillet prochain. »

1917

L’Ontario pose du béton sur la route 2 entre Toronto et Hamilton et par la suite, au fil des années jusqu’en 1926, elle est pavée au complet de Windsor à Montréal. Après la guerre, on commence à construire des autoroutes pour détourner les villes. La route 2 est devenue au Québec la route 338 de Rivière-Beaudette vers Vaudreuil-Dorion.

1962

Le Ministère de la Voirie du Québec dresse une liste des terrains requis dans notre secteur pour la construction de la nouvelle Autoroute 20 ou Autoroute du Souvenir. Une carte[1] de 3 pieds par 45 pieds de long, datée du 26 novembre 1962 est disponible au Centre d’histoire et de généalogie de Saint-Zotique, celle-ci identifie les lots et les propriétaires touchés par l’expropriation.

[1] Don d’Alain Méthot