À peine âgée de 10 ans, l’église se dégrade, il faut reconstruire! Le 10 mai 1861, une assemblée présidée par Mgr Ignace Bourget a été tenue pour prendre en considération l’état de ruine et de dégradation de l’église qui n’avait pas 10 ans d’existence. Le 10 janvier 1869, une requête est adressée à Mgr Bourget, appuyée par 133 signataires, elle se lit comme suit : « … Que l’église de ladite paroisse est dans un tel état de ruine, qu’il n’est plus possible de la réparer; que d’ailleurs, la maçonnerie ne peut résister longtemps, comme il apert par différents rapports d’hommes compétents. C’est pourquoi vos suppléants prient votre Grandeur, de leur permettre de défaire l’église actuelle et d’en construire une nouvelle avec une allonge de vingt pieds; de plus un chemin couvert, pour pouvoir communiquer de l’église à la sacriscommertie. »
Le 15 août 1872, le contrat de construction a été signé avec l’entrepreneur Onésime Martineau, maçon et les travaux débutèrent en juin 1873. La décoration et la peinture ont été confiées et exécutées par François-Edouard Meloche et Louis-Philippe Hébert, deux artistes de Montréal. Le 5 septembre 1873, Maurice Roux, curé de Les Cèdres, bénissait la pierre angulaire et le 4 décembre 1874, François Xavier Louis Vézina, curé de Saint-Zotique, bénissait la nouvelle église. L’orgue, acheté au coût de 2 000 $, tout juste sorti des ateliers Mitchell à Montréal, sera utilisé pour la première fois devant une foule nombreuse, le 26 septembre 1875 par Alfred Prieur. Il n’a que 16 ans, fils d’Olivier Prieur, il étudie au collège de St-Hyacinthe.[12]
[12] Journal L’Opinion publique, jeudi 26 août 1875
« En 1880 l’œuvre de la propagation de la foi, la prière pendant le carême et les instructions qui s’y font, l’union de prières sont toutes des activités qui amènent beaucoup de monde à l’église.
Le corps des marguilliers est composé d’hommes parfaitement disposés, intelligents, religieux à l’esprit droit et pacifique, il est difficile je crois de rencontrer mieux ailleurs sous ce rapport.
700 communiants ne sont pas cultivateurs et habitent le village, la plupart sont hommes de chantiers et navigateurs. Un supplément en faveur du curé à être prélevé parmi ces 700 communiants.
Cinq écoles dirigées par trois maîtres et deux maîtresses. Les écoles sont bien tenues et assez fréquentées surtout en été.
Tous les communiants sauf 10 à 15 font leurs pâques, à peu près 10 ne fréquentent pas l’église, 4 sont quasi protestants 3 familles envoyaient leurs enfants à l’école protestante mais grâce à Dieu, cet abus a disparu.
Il y a 7 ou 8 ivrognes invétérés. Six auberges assez bien tenues.
Sur 1242 communiants le quart à peu près se contente de la communion annuelle parmi eux bon nombre de voyageurs qui ne peuvent faire davantage. Un quart communie deux ou trois fois par an. L’autre moitié plus souvent; 200 ou 300 même plus tous les mois ou tous les deux mois.
Vu les 3 villages qui se trouvent dans cette paroisse et dont deux sont passablement éloignés de l’église, plusieurs paroissiens manquent assez souvent la messe le dimanche et les jours de fêtes d’obligation surtout dans la mauvaise saison parce qu’ils sont obligés d’y venir à pied.
Quant au catéchisme ici comme ailleurs il est difficile d’y amener les paroissiens en nombre respectable pour réussir il faut de l’industrie et de la politique et même avec cela on ne réussit pas toujours.
Les pratiques de dévotion sont l’archiconfrérie, chaque dimanche et fête, les mois de Marie, de St-Joseph, des morts et du Sacré Cœur qui sont assez bien suivis et pendant lesquels plusieurs s’approchent de la Ste-Table… »
Démolition de la deuxième église
Mais encore une fois, les expertises réalisées en 1877 et en 1917 démontrent que le bâtiment construit sur un fond de glaise bleue se détériorait. Au courant des années 1940, il est question de démolir ou de rénover l’église, celle-ci étant considérée comme « dangereuse ». Les citoyens ont choisi de la rénover. On procéda à l’enlèvement du clocher en 1943 par Monsieur Avila Cuerrier de Saint-Télesphore. L’église a pu servir les paroissiens jusqu’en 1962.
Été 1962, on procède à la démolition de l’église. Sur les photographies on aperçoit le maire Jean-Baptiste Méthot et son fils Alain, alors âgé de 5 ans.