L'histoire de St-Zotique

racontée en détails

La première église et ses dépendances

La vie communautaire, politique et sociale, les écoles et le réseau de la santé étaient gérés par les religieux et religieuses. Dès 1841 Mgr Bourget recrute en France des membres de communautés religieuses pour venir s’installer au Canada. Au fil du temps, les religieux cèdent la place aux laïcs mais plusieurs régions doivent leur prospérité à l’apport important de la religion. Il faut donc parler de ce pan de notre histoire qui a permis à la Ville de Saint-Zotique d’être prospère.

Par ordre chronologique, voyons comment se sont déroulés les événements.

Le 3 août 1849, le curé Joseph Amable Flavien Cholette demande la permission pour l’élection de trois ou plusieurs syndics « à l’effet de conduire et diriger la construction de ladite église et du dit presbytère, conformément aux dites dimensions ».

Joseph Amable Flavien Cholette

Le 19 août 1850, sous la présidence du curé Joseph Amable Flavien Cholette et en présence d’un grand nombre de citoyens de Saint-Zotique, on procède à la nomination de cinq syndics pour la surveillance des travaux de construction de l’église, du presbytère et du cimetière, soit :

Le 19 octobre 1850, les syndics déposent devant Me J.A. Charlebois, notaire public :

  • le devis des ouvrages à faire
  • l’estimation détaillée des dépenses prévues et imprévues pour la construction de l’église, de la sacristie, du presbytère et du cimetière
  • le tableau exact de toutes les terres et autres immeubles réels situés à Saint-Zotique, lequel comprend :
    • le nom de chaque propriétaire
    • la superficie de chaque terre et sa localisation (avec le nom des voisins)
    • l’évaluation de chaque terre pour un total de 22 012 livres sterling, 15 shillings
    • la cotisation ou taxation proportionnelle à l’évaluation de chaque terre pour un total de 2 201 livres sterling, 5 shillings et 6 pence
  • l’avis public de l’acte de cotisation, lequel est sans opposition

Difficile de connaître la valeur des choses dans le temps, ce que cela représenterait aujourd’hui! Toutefois, on connaît les unités monétaires en Nouvelle-France vers 1850 : 1 livre sterling = 20 shillings, 1 shilling = 12 pence, 1 guinée = 21 shillings.[10] Une loi de 1858 exige que la comptabilité du gouvernement de la Province du Canada (aujourd’hui l’Ontario et le Québec) soit tenue en dollars plutôt qu’en livre.

[10] Wikipédia, « Depuis le 15 février 1971, le Royaume-Uni a adopté le système décimal. La livre sterling (symbole : £) est actuellement divisée en cent pence mais, avant 1971, elle était divisée en 20 shillings, chaque shilling (abrégé « s ») étant lui-même divisé en 12 pence (noté « d »). La guinée valait 1 livre et 1 shilling (soit : 21 shillings). Jusqu’en 1971, 2 shillings équivalaient à un florin, soit 1/10e de livre, et 5 shillings équivalaient à une couronne (crown). »

Un rôle incluant une cotisation exigée aux francs tenanciers d’immeuble est alors signé pour ériger la nouvelle église. Le contrat de construction a été signé le 15 janvier 1851. Ce sont les contracteurs Isidore Gosselin et François Branchaud, entrepreneurs maçons de Saint-Polycarpe qui ont procédé à son érection. La sculpture a été confiée à Ambroise Fournier de Vaudreuil.

Le 12 décembre 1851, avant même que l’église soit bénite, le syndic de la paroisse de Saint-Zotique fait la demande à l’évêque de Montréal Ignace Bourget, la permission de procéder à des inhumations dans le nouveau cimetière; ce n’est que le 12 avril 1852 qu’on procèdera à la première inhumation. [11]

[11] Inhumation d’un enfant « anonyme » Watier, se référer à la section ultérieure – premier décès

Le 27 mai 1852, Joseph Lalonde, cultivateur de Saint-Zotique, fait don d’un terrain près de l’église, une partie du lot 25, soit ¾ arpent de front sur 5 arpents et 4 perches de profond.

Le 29 juin 1852, Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, bénit la première pierre de l’église, un rituel marqué par une cérémonie religieuse, suivi le 14 décembre 1852 par la bénédiction de l’église en présence de plusieurs dignitaires et curés des environs.

Le 11 octobre 1857, on adopte un règlement pour la vente des bancs, ou plutôt « pour la location des bancs ». On dit que chaque personne est égale devant Dieu, mais dans les églises catholiques du Québec, ce ne fut pas toujours le cas pour obtenir un banc. Voici le texte du document rendu lisible:

Règlements réglant la vente des bancs de l’Église de St-Zotique

  1. Le prix de chaque banc dans ladite Église qui sera adjugé sera depuis et à compter de ce jour payable d’avance par l’acheteur ou l’adjudicataire du banc, et dans le cas qu’à l’expiration de chaque année. Le prix du dit banc n’aurait pas été payé, le ban retournera à l’œuvre et fabrique de cette paroisse et les curés et marguilliers d’icelle auront droit de la vendre sans autres formalités et poursuivre l’ancien acheteur ou adjudicataire dudit banc pour le recouvrement de ce qu’il pourrait devoir pour l’année ou années ainsi expirées et non payées.
  1. L’acheteur ou adjudicataire de chaque banc sera tenu et obligé de signer immédiatement après l’adjudication du banc qui se fera en la manière ordinaire au plus offrant et dernier enchérisseur un bail authentique qui contiendra les conditions ci-dessous énoncées avec le marguillier en charge d’alors qui est autorisé à se faire au nom de ladite œuvre et fabrique et l’acheteur sera de plus tenu et obligé de payer le coût tel que le bail.
  1. Sera le présent règlement lu avant chaque vente et adjudication de banc par le crieur ou toute autre personne et affiche dans l’endroit le plus public dans la sacristie de ladite Église.

Fait et passé les jours et ans que dessus, c’est à dire, le onzième jour d’octobre mil huit cent cinquante-sept, en la sacristie de ladite paroisse et ont quelques-uns des témoins signés avec nous

J.A Charlebois
Frs. Lalonde
W. Duckett
J.E Gourdeau
Dufour Latour, prêtre