Rendons hommages à ces hommes chargés d’assembler les radeaux et de piloter d’immenses trains de bois équarris jusqu’à un port d’embarquement.
Peu de gens se rappellent l’époque des cageux. Quand on en parle aux anciens, certains font référence à Jos Montferrand et même confondent les cageux avec les draveurs, ou encore ils se rappellent vaguement la légende « La chasse-galerie ». Mais qu’en est-il réellement pour l’histoire de Saint-Zotique.
Dans les chapitres précédents il en est question à deux endroits, soit dans la description des armoiries, œuvre de Jean-Marie Léger et la bénédiction de la Croix de chemin des voyageurs en 1909 par le curé Joseph Noé Rémillard. Saint-Zotique est intimement lié à ce corps de métier disparu depuis plus de 110 ans, mais très présent à la fin du XIXe siècle.
Le 28 juillet 2024, quelques membres du Groupe Recherche se rendent à Lachenaie visiter la Maison des Cageux du fleuve Saint-Laurent et rencontrer les guides passionnés, Isabelle Regout et Alexandre Pampalon. On nous apprend entre autres que les cages de plançons (grands bois équarris) sur le fleuve Saint-Laurent venant de Kingston, faisaient une halte à Saint-Zotique avant la descente périlleuse de Coteau-du-Lac à Lachine.
Les hommes qui travaillaient sur ces énormes radeaux se nomment aussi des « voyageurs » et il y en avait plusieurs qui demeuraient à Saint-Zotique. D’ailleurs seulement dans les registres de Saint-Zotique, on confirme qu’il y a eu 91 voyageurs ou navigateurs qui se sont mariés à Saint-Zotique dans la période de 1859 à 1913.
Journal Le Devoir, 8 janvier 1998, article de Jean Chartier, L’épopée des cageux, Pendant 246 ans, ils ont descendu le fleuve sur leurs « cages » de bois
Vous en doutez encore, voyez cette magnifique photographie. On y remarque à droite, l’élévateur à grains à Coteau-Landing.
Article tiré du journal La Minerve, samedi le 21 octobre 1871
LE HAVRE DE REFUGE DU COTEU LANDING
On nous écrit que la tempête de dimanche dernier a été excessivement violente sur le Lac St. François. Des cageux appartenant à la maison Brick et Calvin, de l’Ile au Jardin, et une barge chargée de bois d’érable, la propriété de M. John Elie, ont été jetés à la côte près de St. Zotique, à deux milles environ du Hâvre de Refuge que le gouvernement fédéral a fait construire au Côteau Landing, il y a à peine six mois.
Ce double accident fait surgir la question : À quoi sert ce hâvre?
Lorsqu’il a été décidé de le construire, plusieurs personnes inclinaient à croire qu’il serait mieux placé à St. Zotique qu’au Côteau Landing; mais, pour une raison ou pour une autre, ce dernier endroit a été choisi de préférence. Après ces récents naufrages, on dit plus que jamais que ce choix était mauvais.
On dit que la jetée construite par le gouvernement est entourée de battures dangereuses, trop rapprochées des rapides du Côteau, et d’ailleurs d’un abord très difficile, autant de raisons qui empêcheraient les vaisseaux d’y chercher asile durant la tempête.
Nous ne prétendons pas juger la question; seulement comme cette jetée doit être allongée encore de 170 pieds, nous pensons qu’il serait convenable que le gouvernement envoyât sur les lieux un ingénieur spécial pour savoir au juste à quoi s’en tenir. Il y a dans ces endroits une foule de pilotes expérimentés qui diraient les choses telles qu’elles sont.
Par ce moyen, le gouvernement éviterait une dépense inutile, s’il est vrai que le Hâvre ne puisse servir de rien où il est placé aujourd’hui, et dans tous les cas, il donnerait satisfaction et à ceux qui le veulent là et à ceux qui le veulent ailleurs.